Phyto-épuration des eaux usées
Pour l'assainissement des eaux usées, il est possible d'opter pour un système d'épuration non collectif par les plantes ou phyto-épuration. Cette solution esthétique et naturelle séduit de plus en plus de particuliers.
La phyto-épuration comment ça marche ?
Sur le principe d’un écosystème naturel. Avec la phyto-épuration les eaux usées sont filtrées et épurées par les plantes et par les micro-organismes du sol.
Les filtres plantés utilisent simultanément un traitement physique, un traitement chimique naturel et un traitement biologique. Les racines des plantes produisent des bactéries qui favorisent l’épuration des eaux. Les bactéries fixées sur les racines des végétaux décomposent les matières organiques polluantes en éléments nutritifs pour les plantes.
Comme pour une filière d’assainissement non collectif traditionnelle, la phyto-épuration s’appuie sur une phase de pré-traitement et de traitement des eaux vannes et des eaux grises.
Le pré-traitement sépare les matières solides des matières liquides au moyen d’un filtre vertical, fractionné en bassins plantés de roseaux et composés d’un substrat de granulats, de cailloux, de pouzzolane et de galets.
Le traitement s’effectue au moyen d’un filtre horizontal planté d’espèces végétales (menthes aquatiques, iris des marais, massettes…) qui absorbent les matières polluantes (nitrates, phosphates) suivi d’un exutoire (une mare, un fossé) qui infiltre les eaux traitées.
Installer une filière d'assainissement par phyto-épuration
Une filière par phyto-épuration ne produit pas de boue mais un compost, en surface du filtre, qui est à retirer en moyenne tous les 10 ans. Sans odeur, esthétiques, les filtres végétaux nécessitent un entretien régulier (alternance des lits, arrachage des mauvaises herbes, faucardage annuel). Contrairement aux premières installations d’assainissement naturel par lagunage qui nécessitaient une surface importante, 2 à 4 m² par personne sont suffisants pour l'installation d'un dispositif d’assainissement planté de roseaux. Le prix pour une installation de ce type effectuée par un professionnel est compris entre 6 000 et 10 000 € soit un coût équivalent à celui d’une filière classique.
En application de l'article 7 de L’arrêté du 7 septembre 2009 fixant les prescriptions techniques applicables aux installations d'assainissement non collectif recevant une charge brute de pollution organique inférieure ou égale à 1,2 kg/j de DBO5 un avis paru au Journal officiel du 20 décembre 2011 autorise le traitement des eaux usées par phyto-épuration (-Jardin d'assainissement FV+FH;5 EH; AQUATIRIS).
S’il est possible d'installer soi-même une filière de phyto-épuration il est fortement conseillé de se faire assister par un professionnel (bureau d’études, installateur spécialisé) et de s’appuyer sur une étude précise afin de dimensionner l’installation propre à vos besoins.
Les filières par phyto-épuration s’adaptent aussi bien pour le traitement des eaux grises que des eaux vannes. Il est donc possible d’envisager un système d’assainissement avec ou sans des toilettes sèches. Avec l’utilisation des toilettes sèches seul un filtre à écoulement horizontal pour le traitement des eaux grises.
Les toilettes sèches
Le principe des toilettes sèches consiste à remplacer l’utilisation de l’eau par de la matière végétale. Selon l’article 17 de l’Arrêté du 7 septembre 2009 fixant les prescriptions techniques applicables aux installations d'assainissement non collectif recevant une charge brute de pollution organique inférieure ou égale à 1,2 kg/j de DBO5 « les toilettes dites sèches (sans apport d'eau de dilution ou de transport) sont autorisées, à la condition qu'elles ne génèrent aucune nuisance pour le voisinage ni rejet liquide en dehors de la parcelle, ni pollution des eaux superficielles ou souterraines».
Appelées également toilettes à compost ou toilettes à litière biomaîtrisée (TLB), les toilettes sèches évitent la production des eaux vannes et donc la pollution de l’eau. Les déjections sont réintroduites dans le cycle de formation de l’humus. Les toilettes sèches à litière biomaîtrisée (TLB) ne nécessitent pas d’arrivée et d’évacuation d’eau. Elles se composent d’un seau en acier inoxydable pour collecter matières fécales et urines, d’un abattant de toilette, d’un caisson en bois et d’une réserve de matières végétales pour la litière. Une couche de litière de quelques centimètres est déposé au fond du seau de la toilette. La plupart des matières végétales sèches conviennent pour la litière (copeaux, sciure de bois, déchets végétaux secs, branchages, feuilles broyées, déchets de jardins..). Après chaque utilisation les selles sont couvertes avec une feuille de papier toilette et un peu de matière sèche riche en carbone. La cellulose végétale bloque les réactions enzymatiques et stoppe le dégagement des odeurs. Le seau plein est vidangé dans un bac à compost aménagé dans le jardin. Le bac à compost d’au moins 1m² par personne au foyer sert à déposer également les déchets de la cuisine et du jardin. Le choix d’utiliser des toilettes sèches implique de connaître les techniques du compostage. En milieu urbain, des systèmes adaptés traitent séparément les matières solides et liquides. les urines doivent rejoignent la filière de traitement des eaux usées et les matières fécales sont traitées par séchage.
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